Auteur de Polars et de Thrillers
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Teaser Convergences
 
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Le roman :

Convergences, septième roman de Christine Brunet, est paru en octobre 2015 aux éditions Gascogne. C’est la première apparition du médecin légiste Gwen Saint-Cyrq et de son collègue Yvon Signac.

Tous les ingrédients d’un bon film d’aventures figurent dans ce roman : poursuites, rebondissements, enlèvements, bagarres, exploration de souterrains mystérieux, trafics en tous genres… Convergences est construit selon un plan complexe d’intrigue à tiroir qui se situe sur plusieurs niveaux imbriqués les uns dans les autres avec de nombreuses ramifications ; pourtant, chacun d’entre eux ramène au même point de « Convergence »: Gwen Saint-Cyrq.

Le style très fluide adopte un mode d’expression presque télégraphique dans les moments d’action ou de tension, ce qui les rend plus forts, plus immédiats en quelque sorte, avec un suspense haletant, comme au cinéma : « Une pente ascendante, une porte, entrouverte. Ils échangèrent un regard méfiant (…) derrière, des escaliers et le silence (…) Un palier donnant sur d’autres battants. Du pile ou du face…Toujours aucun bruit. » (Page 216).

Les descriptions sont très précises, très réalistes, comme ce moment où Gwen progresse dans le conduit du souterrain : « Grimper, ensuite…Les orteils écrasés contre la paroi, les doigts crispés sur la moindre aspérité, chaque centimètre gagné était une victoire. Un autre coude à négocier, plus simple parce qu’à plat. Elle en venait à regretter le trou boueux des oubliettes (…) Elle poussa la grille de l’épaule en y jetant ses dernières forces. La protection en ferraille céda brusquement et alla percuter une lampe sur le bureau juste au-dessous. Le bruit de sa chute se répercuta dans le vide. » (Page 183). Des phrases courtes, des mots qui s’enchaînent donnent cette impression de proximité, un peu comme dans un film, comme si le lecteur vivait les aventures des personnages en direct. Procédé qui entretient une certaine tension qui donne envie de progresser dans le roman page après page, avec fébrilité…

 

L’intrigue :

Suite à la disparition de son épouse Jeanne, et bien que le corps n’ait pas été retrouvé, le marquis Martin de Saint-Amand de Fontalèvre, diplomate, est accusé de l’avoir tuée. Le marquis n’a pas d’alibi et, comble de malchance, le couple venait d’avoir un violent accrochage devant témoins. Ils se trouvaient au château de Puymartin pour quelques jours de vacances.

Marie-Anne et Luc, inspecteurs de l’équipe de Renaud Marsan de SIRC ,envoyés sur place pour mener une enquête, ont également disparu. On est sans nouvelles d’eux depuis quatre jours.

Fait intriguant: deux ans et demi plus tôt, un sans-abri et deux retraités ont également disparu sans laisser de traces. Ces disparitions mystérieuses ont-elles un lien avec les disparitions de Jeanne et des deux policiers?

Suite à la prière de son ancien chef, Gwen accepte de mener une enquête sur les lieux des disparitions. Partie en reconnaissance dans les environs de Sarlat, Gwen trouve un squelette humain à moitié enfoui dans un chemin dans les sous-bois de la forêt de Badane, située entre Commarque et Sireuil (Je rassure les lecteurs qui ne connaîtraient pas cette région: une carte détaillée figure au début du roman); puis elle trouve un autre cadavre. Mais pourquoi la gendarmerie de Sarlat ne répond pas à ses appels?

Une fois l’enquête close, chacun repart de son côté, Signac à Paris, Gwen à Marseille où elle a enfin accepté de travailler au IERM, avec Sillas Lajoigny qui devient donc son nouveau patron. Pourtant, lorsqu’elle retrouve quelques échantillons qu’elle pensait détruits, elle décide de reprendre l’enquête sur Saint-Amand car elle pense que le diplomate, malgré sa relaxe, n’est pas aussi clair que la précédente enquête l’a déterminé. Elle retourne donc dans le Perigord et découvre que Signac, affecté à la protection de Saint-Amand, est également sur place. Lajoigny accepte de « prêter » Gwen à Marsan afin de boucler l’enquête et de répondre aux questions laissées en suspens. Qui faisait le vide en tuant les protagonistes les uns après les autres? Giron sur les ordres de Diane? Giron seul pour assurer ses arrières? A moins que la marionnette n’ait décidé de couper ses fils et de prendre le large avec tout ou partie du butin convoité par la bande?

L’intrigue, bien plus complexe qu’on aurait pu le croire, s’avère un vrai sac de nœud: quelle est l’implication réelle de Josépha, la veuve de Jérôme Signac? Que mijotait le frère d’Yvon Signac au moment de sa mort? Était-il un « ripou »? Autant de questions qui devront un jour ou l’autre trouver leur réponse…

L’enquête: 

A l’instar des autres compartiments du roman, l’enquête, son déroulement, ses aspects techniques sont très bien décrits et documentés, donnant l’impression de regarder un film. Ainsi, voir Gwen à l’oeuvre est très instructif: « Elle tira les gants de latex du petit sac à dos noir qui ne la quittait presque jamais en mission et souleva délicatement le chemisier taché de boue orange (…) Elle tira un petit sachet plastique zippé, une pince à épiler, effectua quelques prélèvements, juste au cas où, puis rangea le tout dans la poche translucide. Elle bascula le corps doucement sur le côté et découvrit une blessure profonde à la base du crâne… » (Page 41)… »Elle inscrivit rapidement quelques mots sur un calepin ouvert à côté d’elle puis passa aux échantillons prélevés sur la fille. Quatre sachets. Elle choisit le résidu de terre sous les ongles, prépara le prélèvement, étiqueta les préparations et en plaça une goutte entre les lamelles du microscope électronique tandis qu’elle insérait le reste dans le spectromètre. Elle plaqua son œil droit contre l’optique, effectua un réglage minutieux et plissa le front… » (Page 43).

Les personnages:

  • Gwen Saint-Cyrq: médecin légiste; physique très atypique: « Des mèches de longs cheveux noir corbeau très raides sur le devant, rasés sur la nuque mettaient en valeur des yeux bleu glacier soulignés par une épaisse couche de khôl noir et une frange couvant le front un peu haut. Une multitude de piercings en argent complétait l’apparence un peu décalée de la légiste. » (Page 19); elle est petite et maigre. Chaque fois qu’elle se retrouve dans une situation délicate, son esprit d’analyse prend le dessus jusqu’à ce qu’il trouve une faille permettant de s’en sortir. Dans cette première enquête où elle apparaît, peu à peu des détails concernant son histoire personnelle sont dévoilés, d’où le titre Convergences…Afin de ne pas spolier le plaisir des lecteurs de les découvrir par eux-mêmes, je n’en dirais pas plus.  Néanmoins, il est intéressant de s’attarder quelque peu sur un aspect de son personnage: son professionnalisme. Elle fait preuve de beaucoup d’astuce, elle est intelligente et apprend vite de ses erreurs. Le roman fourmille de précisions concernant le soin qu’elle prend à se préparer pour une autopsie, la minutie avec laquelle elle procède à des recherches complémentaires, que ce soit sur internet ou sur le terrain; elle est consciencieuse, très compétente…mais elle a un caractère de chien et ne se laisse pas marcher sur les pieds. « Yvon Signac quitta le restaurant, l’esprit ailleurs, perturbé par la conversation qu’il venait d’avoir avec Saint-Cyrq, sa façon d’aborder l’affaire en toute transparence et avec professionnalisme. Toutes les hypothèses étaient étayées de faits et de preuves scientifiques. » (Page 109).
  • Renaud Marsan: commissaire au SIRC, ancien chef de Gwen.
  • Yvon Signac: ancien collègue de Gwen qu’il déteste, lui attribuant le suicide de son jeune frère Jérôme, ancien co-équipier de Gwen.
  • Lieutenant-colonel Reille: chef du commissariat de Sarlat.
  • Lefèvre: magnétiseur, rebouteux qui vit dans une cabane à côté du château de Puymartin; petit maigre aux yeux ronds comme des billes, trop fixes.
  • Jeanne de Saint-Amand: l’épouse disparue du diplomate Martin de Saint-Amand; Lefèvre la décrit comme étant « une vraie garce, hautaine et mal embouchée ».
  • Martin de Saint-Amand: diplomate.
  • Sillas Lajoigny: nouveau patron de Gwen au IERM de Marseille.
  • Philippe Giron: truand notoire.
  • Mehdi: ami de Gwen; légiste au IERM de Marseille.
  • Jean-Marc Giron: frère de Philippe Giron; amant de Josepha, belle-sœur de Signac, deux ans plus tôt.
  • Josepha Signac: veuve de Jérôme Signac; maîtresse et complice de Philippe Giron.
  • Le duo Gwen / Yvon Signac: une mention particulière à ce duo de personnages dont la relation complexe tisse le canevas de l’intrigue, l’ influençant et lui donnant de l’épaisseur: leur passé commun au sein du SIRD, deux avant la présente enquête, avec la mort de Jérôme, frère de Signac et équipier de Gwen, dans des circonstances tragiques. Le ressentiment profond de Signac qui attribue la responsabilité de ce drame à Gwen, sans doute pour masquer sa propre implication involontaire, est le moteur de son comportement avec elle. Le hic est que cette haine farouche gangrène son jugement au point de mettre parfois en péril leur enquête. J’avoue que cet aspect du personnage de Signac est parfois un peu lourd; on aimerait que l’abcès soit crevé une bonne fois pour toute.

Les lieux:

L’intrigue se déroule selon deux axes: le Périgord noir et la Côte d’azur. Tout comme les personnages et les détails techniques de l’enquête, les lieux sont décrits avec minutie et précision car, loin de ne servir qu’à meubler, les différents décors participent à l’action même.

L’intérieur du château de Commarque: « Une porte verrouillée, qui ne fit aucune difficulté, lui ouvrit une grande salle au décor XIV ème selon l’explication plaquée sur la pierre. Une reproduction de heaume au sol, une fenêtre à colonnettes donnant sur la campagne environnante puis l’accès à la plate-forme elle-même. Elle retint sa respiration, époustouflée par la vue magnifique: juste en face Laussel en bien meilleur état que Commarque, sans doute restauré et plus récent. » (Page 35).

La maison de Gwen, en Provence: « Le mur appartenait à une petite maison provençale aux volets ouverts peints en vert olive. De chaque côté, collée entre de petites pierres plates dressées, une terre poussiéreuse blondie par le soleil et le calcaire, chargée de lavandes et de lauriers encore en fleurs. Plus loin, un mimosa et deux oliviers centenaires aux tronc torturés étalaient leur feuillage vert de gris vers la maison. » (Page 18).

Le paysage provençal: « …devant lui, un chemin de terre étroit, recouvert d’une épaisse couche d’aiguilles de pin, s’enfonçait sous le couvert de la forêt méditerranéenne. Un peu plus haut, la route continuait à sinuer vers le Camp et le col de l’Ange. Plus bas, après des courbes en épingle à cheveux, Ceyreste avant d’atteindre les plages de La Ciotat. » (Page 17).

Et pour finir, la grotte: « Elle s’émerveilla devant la complexité des concrétions: draperies de calcite blanche et cristallisations d’aragonite couvrant des concrétions plus anciennes et, parfois même, des œuvres d’art. Certains piliers étaient effondrés. Elle eut soudain l’impression d’avoir, non seulement changé de monde, mais d’avoir aussi basculé dans le temps: le faisceau de la lampe rencontrait déjà les premières gravures dans un environnement minéral fantasmagorique. » (Page 317).

 

Mon avis:

Roman bien construit, malgré son foisonnement qui peut parfois égarer le lecteur. Beaucoup de scènes d’action, de suspense aussi, de moments où l’on se demande comment les enquêteurs vont se sortir du pétrin dans lequel ils se sont fourrés, soit par négligence, soit par imprudence, non respect des consignes de sécurité, rendant la lecture addictive.

Ce qui m’a particulièrement plu: les nombreux fils de cette histoire nous ramènent sans cesse au passé trouble de Gwen, à son enfance particulière, le contexte dans lequel elle a grandi, les personnes qui l’ont élevée, façonnée en quelque sorte, l’auteur ne révélant que des bribes savamment distillées tout au long du roman. Egalement le rythme soutenu, sans temps mort: on ne s’ennuie jamais dans les romans de Christine Brunet qui entraîne ses lecteurs dans une enquête pleine de surprises et de rebondissements, avec des personnages complexes, ni tout bons, ni tout mauvais, irritants ou attachants mais qui ne laissent pas indifférent.

Un excellent thriller passionnant, qui se lit de bout en bout malgré les 400 pages, qui a le mérite de distraire tout en faisant découvrir de très belles régions, des paysages magnifiques sur lesquels on s’attarde malgré la tension narrative. A quand la suite ???

Extrait:

« Le bruit de sa respiration dans le détendeur, la descente lente dans l’univers bleu limpide vers des fonds tapissés de posidonies entre lesquelles broutaient et chassaient dorades, rascasses, mérous, girelles et sars…Magnifique. Cette quiétude parfaite lui fit oublier quelques secondes le but de sa plongée. »

Christina Previ a lu Convergences
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Ce livre est un thriller dans tous les sens du terme et la tension qui résulte de certaines situations périlleuses vous mettra presque en apnée à divers moments du récit.

 

Pas de scènes morbides inutiles, cependant des situations extrêmes amènent l'héroïne Gwen St-Cyrq, qui semble faussement très frêle, aux limites du soutenable. Elle est plusieurs fois acculée à poser des actes de bravoure insensés pour assurer sa survie. Ajoutez à cela qu'elle n'est nullement aidée de son quo-équipier qui lui en veut à mort.

 

Son enquête la conduit à travers un vaste territoire, depuis le Périgord jusqu’à côte d’azur. Tout commence par une simple disparition, bientôt suivie par d'autres, ajoutez-y la découverte de cadavres anciens et plusieurs assassinats, tous reliés à un complot d'envergure.

L'héroïne ne pourra compter que sur elle-même pour se sortir de situations extrêmement dangereuses dans des lieux impensables ; tantôt en forêt, ou en sous-sol, dans des souterrains ou sous l’eau, ou encore dans des châteaux ou ailleurs...

 

Les racines du (des) complot(s) sont liées au passé de l’héroïne, d’où le titre : Convergence car tous les éléments ramènent à celle qui en dénoue les fils au risque de sa vie, mais est-elle vraiment hors de tout soupçon ? Vous vous poserez cette question jusqu'au dénouement final

 

L’intrigue principale est complexe, polluée par des rebondissements inattendus et court-circuitée par des policiers véreux qui viennent compliquer son enquête et la mettre en danger.

 

Le suspense est garanti !


 

Christina Previ

Temps d'aventures

Auteur de contes pour enfants

Patrick Dubois a lu Convergences pour la Revue Indépendante
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CONVERGENCES de Christine Brunet, éditions Gascogne

Sorti au milieu de l'automne, ce nouveau thriller de Christine Brunet nous fait découvrir après Axelle de Montfermy un nouveau personnage féminin en la personne du docteur Gwen Saint-Cyrq.

Avec cette nouvelle héroïne, Christine Brunet nous offre un personnage très différent, une personnalité sombre et ambiguë qui sort d'une retraite volontaire après une sombre histoire où l'un de ses collèges s'est suicidé et où notre héroïne est rendue responsable de cette mort. Membre du SIRC (service d'investigations et de recherches criminelles), son ancien patron vient la rechercher après qu'une enquête administrative l'ait blanchie ! Le commissaire Marsan la missionne pour traiter une sombre affaire de trafic d'art dans le Périgord autour de la très jolie ville de Sarlat. Dans cet épisode périgourdin, les cadavres ne manquent pas et les pistes pour dénouer l'affaire sont multiples, un vrai Cluedo pour savoir qui fait quoi, qui tue qui ! Partie pour retrouver deux anciens collègues, Gwen Saint-Cyrq devra enquêter, avec l'aide de Signac le frère de son ancien collègue retrouvé mort et qui rêve de vengeance vis à vis d'elle.

Les frères Signac ne sont pas sans rappeler par instant les frères Sheridan des précédents romans. Les pièces de ce puzzle s’amoncellent et les hypothèses s'effritent les unes après les autres. L'auteur nous fait découvrir les châteaux de la région aux multiples cachettes, souterrains en tous genre où se mêlent truands, gendarmes ripoux, disparitions, explosions, meurtres sans toujours comprendre qui fait quoi, tant la dame Brunet adore comme à son habitude brouiller les pistes ! Vous croyez avoir compris une hypothèse ? Erreur dans les pages suivantes, une nouvelle situation vient d'éclore vous enlevant vos certitudes jusqu'au dénouement final... que je vous laisse découvrir pour la partie concernant le Périgord.

Car au départ « Convergences « c'est l'histoire d'un casse hors norme mené par le « Renard » un cambrioleur de génie qui a volé une collection exceptionnelle de diamants dans une exposition à Dubaï. Et ce vol de diamants va dans la seconde partie de ce thriller nous faire faire la connaissance des « sœurs » de Gwen adoptées par le «Renard » Diane, Aphrodite et Vénus...

Là aussi les morts, les disparitions, les explosions, les corps dépecés, des hommes véreux jusqu'à la moelle vont donner du fil a retordre à Gwen et à ses sœurs. Les diamants seront-ils retrouvés ?

« Le Renard » est-il mort ? Qui manipule qui ? Il faudra tout le talent, l'intelligence de Gwen Saint-Cyrq pour dénouer cette sombre affaire de vol mais aussi de vengeance non assouvie.

« Convergences » n'a rien à envier aux précédents thrillers de Christine Brunet, il est parfaitement bien ficelé, il tient le lecteur en haleine de la première à la dernière page, sans temps mort, un vrai roman noir qui par instant fait peur. Christine Brunet nous propose un livre idéal pour les soirées d'hiver à lire bien au chaud dans fauteuil au coin de la cheminée, un alcool fort à portée de main. On ne peut pas trop décrire les situations de cet ouvrage, il faut que le lecteur se plonge dans « Convergences » et s'imprègne de ces multiples histoires aux nombreux rebondissements afin d'y connaître le dénouement final. Si vous êtes amateur de vrais thrillers, si vous avez aimé « nids de vipères », « dégâts collatéraux « « Poker menteur »... vous adorerez « Convergences » qui ne restera pas sans suite, puisque Christine Brunet a déjà écrit une suite avec Gwen Saint-Cyrq qui s’appellera « Vénus en Ré » Christine Brunet a également achevé un autre thriller SF plus noir où l'on retrouvera ensemble ces deux héroïnes Axelle de Montfermy et Gwen Saint-Cyrq à découvrir dans les mois à venir.

Preuve que cet auteur a beaucoup de talent et je le dis depuis son premier thriller, les livres se vendent bien, les dédicaces s'enchaînent. Si vous êtes en Bourgogne-Franche-Comté, sachez que Christine Brunet dédicacera ses livres le 21 mai 2016 à la librairie Guivelle à Lons-le-Saunier. Venez découvrir un auteur sympathique, vous ne serez pas déçu, elle est charmante et attachante Christine Brunet, qu'on se le dise !

Pour en savoir plus sur l'auteur n'hésitez pas à aller sur http// www.christine-Brunet.com

 

PATRICK DUBOIS

ICI

L'avis du blog Univers Livresques
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Tout d'abord, je souhaite remercier l'auteur que j'ai rencontré lors d'un salon du livre et que j'ai trouvé super gentille ! J’espère vraiment la rencontrer à nouveau et pouvoir avoir la chance de lire tous ses livres car celui-ci est génial !

Au début, j'ai été un peu perdue au niveau des chapitres, ils sont numérotés de façon bizarre et j'étais perturbée... Mais au fil des pages, je ne regardais même plus les chapitres, je tournais les pages les une après les autres pour connaître la suite, et finalement, j'ai fini par comprendre la façon de numéroter ces fameux chapitres.

L'héroïne est particulière, elle n'est pas très attachante je trouve, elle fait même méchante et trop sûre d'elle. Mais on s'attache un peu à elle, petit à petit parce qu'elle fonce, elle risque sa vie à toutes les pages et on a un peu peur pour elle tout de même... Et puis on finit par comprendre le pourquoi de ce caractère...

Le second personnage de Signac est plus simple, et je me suis prise d'amitié pour lui. Pourtant, j'ai voulu changer d'avis plus d'une fois, il est finalement plus complexe que ce que je pensais dans les premières pages...

Ce thriller est un vrai tourbillon, il y a des chemins dans tous les sens, des personnages liés ou pas, on ne sait même plus... J'adore quand tout s’emmêle comme ça, on pense enfin être au bout, et puis non, on cherche encore... Des rebondissements page après page... Une intrigue saisissante du début à la fin.

J'ai une petite préférence pour la deuxième partie du livre qui va plus vite, avec des éléments qui s'enchainent plus rapidement, un suspense plus tenu... Mais ce thriller est parfait !!

La toute fin laisse entrevoir un autre épisode avec cette héroïne, et j’espère vraiment qu'il verra le jour, je le lirai, c'est sûr !!

Une petite idée a germé dans ma tête tout au long de l'histoire : et si ce livre devenait un film ?? Il serait parfait, une adaptation à prévoir... Avis au cinéastes !!!

 

Maryline

Une chronique dans le blog "d'un livre à l'autre"
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Voici le septième roman tant attendu de Christine Brunet. L'auteure a fait une infidélité à son héroïne récurrente Aloys/Axelle que nous pouvons retrouver dans les six premiers polars de Christine.

Pas facile de faire oublier cette super woman, et pourtant, Christine y est arrivée en donnant naissance à une héroïne atypique, tout à fait différente de la première.

Gwen est médecin légiste. Suite à la mort de son coéquipier dans laquelle elle aurait eu sa part, la jeune femme a été mise à pied et s'est réfugiée dans sa maison de campagne. 

C'est là que son chef, membre du SIRC, une entité de police spécialisée dans les affaires délicates, la retrouve. Blanchie dans l'affaire du meurtre de son collègue, il lui demande de réintégrer l'équipe.

Elle aura comme partenaire, Yvon Signac, le frère de son ex-collègue. L'homme lui en veut : il est sûr qu'elle est responsable de la mort de son frère et travailler avec lui ne sera pas de tout repos.

De toute façon, Gwen préfère faire cavalier seul, et cachera pas mal de choses à son nouveau partenaire, comme sa véritable identité par exemple, et son lien de parenté avec un gros truand disparu quelques années plus tôt. 

Enquête dans le Périgord où flics et truands se poursuivent dans le dédale des souterrains, disparitions inquiétantes, corruptions, règlements de compte et meurtres en tout genre, recels de tableaux volés, et même flics ripoux, tous les ingrédients d'un bon polar sont présents. 

Quand l'enquête semble être terminée, l'histoire rebondit et l'auteure emmène ses lecteurs dans une partie de cache-cache dont il doit trouver la clé. 

Les cent dernières pages sont, à elles seules, une surprise. Revirement de situation : Gwen n'est pas celle qu'on croit. Son passé est dévoilé, ainsi que le but qu'elle poursuit, tout en travaillant pour la police. 

C'est à un trafic de bijoux qu'elle est alors mêlée...

400 pages haletantes, sans temps morts. 400 pages de suspens. 400 pages qu'on parcourt en compagnie de la très décalée Gwen, au look sortant de l'ordinaire. 400 pages d'identification avec l'héroïne. On tremble avec elle, on souffre avec elle, on espère avec elle, on la veut victorieuse. Et pourtant, la jeune femme n'est pas une oie blanche, loin de là, mais le lecteur s'identifie à elle et veut qu'elle réussisse dans son entreprise! 

A côté de Gwen, il y a Signac, sans doute un peu amoureux d'elle, même s'il ne l'avouera jamais, et que le lecteur prend en grippe. 

Et puis, il y a une multitude de personnages, tous plus pourris les uns que les autres, avec lesquels on se perd un peu...

L'histoire se déroule entre le Périgord et le Midi, entre humidité et cagnard, entre violence et lumière. Un roman pour lequel de nombreuses recherches ont dû être nécessaires et superbement documentés! Du beau travail ! 

Dis-moi, Christine, ton héroïne, on la retrouvera un jour ? Tu promets ?

 

Philippe Desterbecq

D'un livre à l'autre

http://phildes.canalblog.com/archives/2015/11/11/32899336.html#c67647988

Un interview dans le blog de Philippe Desterbecq
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12 novembre 2015

Interview de Christine Brunet

Je vous ai présenté "Convergences", le septième roman de Christine Brunet que je connais bien puisqu'elle est, en quelque sorte, ma marraine chez Chloé des Lys. On nous a mis en relation lorsque je me suis lancé dans l'aventure de l'édition.

Christine a gentiment accepté de répondre à quelques questions. 

1)      Peux-tu te présenter en quelques mots

Je suis française, j’habite Marseille même si j’ai pas mal bourlingué et que je continue à beaucoup voyager. J’ai fait des études littéraires à Paris, j’ai approfondi mes connaissances linguistiques à Prague, au Caire, à Preston. Je suis l’une des administratrices des Éditions Chloé des Lys (je m’occupe de la promo par exemple), rédactrice en chef de la petite revue littéraire « Les petits papiers de Chloé », présentatrice de l’émission culturelle mensuelle d’ACTU-TV, une web tv qui monte. Et puis, je suis auteur de romans policiers, 7 parus à ce jours : trois chez Chloé des Lys (Nid de vipères en 2011 – Dégâts collatéraux en 2015 / réédition en un seul volume de Dégâts Collatéraux (2011) et Le Dragon bleu (2012) parus chez De Pierregord, éditeur disparu à présent – E16 (2012, rééd. 2014)), trois chez Gascogne (Non nobis domine (2013. Rééd. 2014) – Poker menteur (2014) – Convergences (2015).

 

2)      Quel est le titre de ton premier roman ?

Nid de vipères paru aux Editions Chloé des Lys.

 

3)      Quand est-il paru ?

2011 en même temps que Dégâts collatéraux chez De Pierregord

 

4)      Pourquoi avoir choisi les éditions Chloé des Lys pour ton premier bouquin alors qu'il s'agit d'une petite maison d'éditions belge et que tu es française

En fait, pour éditer mon premier bouquin, j’ai tenté, comme tous les auteurs novices, d’envoyer mon texte aux grandes maisons d’édition. Pas de réponse ou des lettres convenues, impersonnelles. Je suppose que tu connais ça…

Puis je me suis dit que je devais cibler mes envois… À force de recherches sur les forums, sur internet, deux noms sont ressortis comme une évidence : les Éditions Chloé des Lys en Belgique et les Éditions du Pierregord en France. J’ai envoyé Nid de vipères à Chloé, Dégâts collatéraux chez Pierregord : les deux romans ont été acceptés à quinze jours d’intervalle.

 

5) "Convergences" est ton septième roman si je compte bien.
    Les six premiers ont eu pour personnage principal la même superwoman (qui a changé de prénom en cours de route) : Aloys/Axelle. 

Pourquoi as-tu décidé de t'en séparer ? Ce ne fut pas trop dur de l'oublier et de créer un autre personnage ?

Me renouveler… C’est important. Je ne veux pas qu’on puisse me dire que j’écris toujours de la même façon, avec les mêmes personnages sur les mêmes thèmes. Le genre « roman policier » est suffisamment vaste pour permettre ce renouvellement.

Les lecteurs étaient/sont attachés à mes héros, surtout à Axelle. Mais ils me demandaient aussi d’autres héros. J’ai relevé le défi même s’il est très compliqué d’abandonner des personnages avec lesquels je vis 24h/24 pour créer, puis me jeter à corps perdu dans un nouvel univers aux côtés de héros très différents.

À voir si ma décision a été judicieuse… Je te dirai ça dans quelques mois…

 

6)      Axelle reviendra-t-elle dans un autre roman ?

Évidemment. Impossible de m’en passer. Je suis d’ailleurs en train de le terminer. Il s’agira d’un thriller SF.

 

7)      Pour "Convergences", tu as créé un personnage (je dirais une autre superwoman) tout à fait différent du premier, un personnage atypique, que tu as réussi à rendre attachant. Pourquoi as-tu donné vie à une héroïne aussi "spéciale"

Est-elle si super woman que ça ? Je ne crois pas. Gwen est une héroïne normale même si elle n’a peur de rien (ou de pas grand-chose). Outre un look atypique, elle a eu une vie compliquée qui l’a façonnée depuis sa plus tendre enfance. Crée un personnage trop lisse, trop neutre, et tu obtiendras un roman lisse et sans saveur. Il est important que les personnages accrochent le lecteur, l’interpellent pour l’embarquer dans leur monde de fiction.

 

8)      Retrouverons-nous Gwen dans une autre aventure

Probablement l’année prochaine avec un nouveau titre. Le scénario amènera le lecteur dans l’île de Ré et… en Sierra Leone.

 

9)      Ton personnage principal pourrait-il être un homme ou aurais-tu du mal à te mettre dans la peau d'un personnage masculin ?

Je considère que trop peu de personnages principaux sont des femmes. Pourtant, mes héroïnes ont toujours un pendant masculin, souvent très fort comme Sean Sheridan aux côtés d’Axelle. Inverser ? Pas pour l’instant. Me glisser dans la peau d’un héros plutôt que d’une héroïne ? Plus compliqué, sans aucun doute mais si, à un moment donné, j’ai besoin de le faire, je relèverai le gant…

 

10)  Tes romans sont très bien documentés. Passes-tu beaucoup de temps pour rassembler la documentation nécessaire à l'écriture de tes romans ? Quelqu'un t'aide-t-il ? Vas-tu sur place pour repérer les lieux que fréquenteront tes personnages

La documentation pour un roman policier est incontournable. Plus tu ancres tes personnages et ton enquête dans la réalité, plus tu permettras aux lecteurs de voyager, de s’impliquer dans ton texte.

Le temps que j’y passe ? Tout dépend du roman en fait… Cela va de six mois pour Non nobis domine à trois ans et demi pour E16. J’ai des « consultants » autant autour de moi que parmi mes lecteurs.

L’élaboration d’un roman est toujours très enrichissante parce que j’apprends des tas de choses jusqu’à crocheter une serrure par exemple (note que ça peut servir !)… Je connais parfaitement les endroits que je décris : je suis incapable de décrire un endroit inconnu. Cette connaissance des lieux me permet de faire voyager le lecteur avec un minimum de descriptions mais en y additionnant des odeurs, des impressions qui participent évidemment au suspense, à l’atmosphère. Et puis, je voyage… pourquoi ne pas utiliser cette expérience ?

 

11)  Tes romans sont aussi une façon de rendre hommage à ce beau pays qu'est la France. Voulu ?

Le premier, Nid de vipères, se passait en France certes, mais également et surtout à l’étranger (Hong kong, Malte, la Birmanie). E16 se déroule à Londres. On va à Naples avec Dragon bleu… Certes les trois derniers romans se déroulent seulement en France… Pas voulu, ça s’est fait comme ça. Mais ce ne sera pas le cas des deux suivants…

 

12)  Comment connais-tu aussi bien les différentes forces de police, les armes, les méthodes d'intervention ? Tu as été policière dans une autre vie ?

Oh… J’ai des lecteurs policiers. D’autres sont avocats, ou juges. Lorsque j’ai besoin d’un tuyau, ils répondent toujours présents !

 

13)  Quelles sont tes sources d'inspiration ? Lis-tu d'autres polars, des récits policiers ? Suis-tu des enquêtes ?

Je ne lis jamais ou presque de romans policiers. Je préfère m’éloigner de mes sujets d’écriture lorsque je lis… SF, aventure, fantaisy… voilà ce que j’aime lire.

 

14)  Tu as écrit 7 romans en quelques années, tu participes à des foires aux livres, tu travailles pour les éditions Chloé des Lys, tu présentes une émission sur Actu-TV, tu es maman aussi. Tu as un secret ? Tes nuits doivent être très courtes

Je dors peu, c’est vrai. Mais lorsqu’on fait tout avec passion, on trouve toujours du temps…

 

15)  Tu es bien ancrée dans les polars. Envisages-tu, un jour, d'écrire autre chose

Je vois que tu es bien renseigné… Oui, le prochain roman avec Axelle et Sean sera un thriller SF. J’en avais envie depuis longtemps, je l’écris. Je m’amuse…

 

16)  Quel est le roman que tu as le mieux vendu ? Quel est celui que tu as préféré écrire

Dégâts collatéraux (ed. Pierregord) et Non nobis domine (Gascogne). Mais les autres titres ont également du succès et la réédition de Dégâts collatéraux démarre bien.

Une préférence d’écriture ? Non. Lorsque je me lance dans un roman, il n’y a plus que lui. Chaque opus a ses anecdotes notamment lors de ma documentation, de mes déplacements sur le terrain. J’aime tous mes romans et je les présente tous avec passion à mes lecteurs en dédicaces. Mais tu vois, aujourd’hui, je suis plongée dans mes deux prochains bouquins qui accaparent toute mon attention.

 

17)  Et pour terminer cette interview, peux-tu nous dire un mot sur ce que tu es  en train d'écrire

Euh… Je termine mon thriller SF « HX13 » et je peaufine un thriller plus conventionnel « Vénus en Ré ». Ai-je envie de t’en parler alors que tout n’est pas bouclé ? En fait, pas vraiment. Et puis, je t’ai donné tout au long de cet interview quelques indices…

 

Merci, Christine, d'avoir pris de ton temps si précieux pour répondre à mes questions.
L'avis de CARNET DE LECTURE
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Un casse hors norme, des disparitions inquiétantes, un magot introuvable qui déchaîne des appétits voraces… Le Docteur Gwen Saint-Cyrq, personnalité sombre et ambiguë, accepte de sortir de sa retraite pour retrouver d’anciens collègues. Les pièces du puzzle s’amoncèlent, les hypothèses s’effritent jusqu’à l’impensable : toutes les pistes convergent vers… elle !

J’ai retrouvé avec plaisir le style sans détour de l’auteure française. Des phrases courtes et percutantes, de l’action et de nombreux rebondissements qui font basculer l'histoire au moment où l’on s’y attend le moins, le lecteur n’a pas le temps de s’ennuyer. J’ai particulièrement apprécié les petites surprises qui émaillent le récit ainsi que l’impression d'être réellement au cœur de l'enquête.

Dans l’univers des auteurs de romans policiers, Christine Brunet a cette particularité de toujours donner le rôle principal de ses histoires à une femme. Après Axelle de Montfermy, c’est Gwen Saint-Cyrq qui est mise en avant. Ses particularités : un look improbable pour un médecin légiste, une femme forte, têtue et indépendante qui n’hésite pas à prendre des risques et à se rendre sur le terrain. Finalement, alors que les contacts avec ses collègues sont plutôt conflictuels, le lecteur s’attache à ce personnage qui cache de profondes fêlures.

Si le nombre important de personnages m’a parfois déstabilisé, je tire néanmoins mon chapeau à l’auteure pour avoir imaginé une enquête aussi complexe, qui révèle un remarquable sens du détail et de nombreuses recherches préalables. Une suite aux aventures de Gwen Saint-Cyrq serait-elle envisagée ?

Remerciement à Christine Brunet pour cette lecture.

 

Un bref extrait...

 

Ce devait être un coup sans risque, parfait pour une fin de carrière. Le B. A. –BA du métier. Il avait les codes de l’alarme, les clés spécialement conçues pour les vitrines et le protocole de sécurité : du gâteau pour un magot hors-norme.

 Il avait joué sur du velours avec une facilité déconcertante, à croire que l’organisateur de l’expo en personne était de mèche.  Difficile à avaler, mais comme il ne connaissait pas son commanditaire, pas tout à fait exclu.

Notre homme n’est pas né de la dernière… averse, diraient certains. Un cador dans sa profession. Il a rendez-vous avec son associé de l’ombre dans un coin désert entre Marseille et Cassis, à quelques encablures à peine de Cap Morgiou. Franchement un drôle d’endroit pour un échange marchandise contre paiement. Du coup, il a brouillé les pistes et prévu une porte de sortie.

 

Il pleut des trombes d’eau, un orage comme il en fait en Provence, bref mais intense. Des éclairs sillonnent le ciel noir d’encre. Les tonnerres ébranlent les roches trop blanches, presque fluorescentes sur fond de mer déchaînée.

Il est heureusement sec sous sa combinaison néoprène noire, à découvert certes, mais comment se mettre à l’abri dans cette garrigue pelée plus minérale que végétale ? Le sentier derrière lui, à peine visible, se perd dans la colline.

Un coup d’œil à sa montre : son contact est en retard. Pas vraiment étonnant avec ce temps. Il lui laisse encore quelques minutes, histoire qu’on ne puisse rien lui reprocher : notre homme est de parole, il est reconnu pour ça dans le métier.

 

Un déferlement d’électricité sur ce bout de rocher. Peut-être des cailloux qui roulent et dégringolent de la falaise toute proche. Il jette un œil suspicieux alentour, fait un pas vers l’abrupt pour tenter de voir ce qui se passe.

 

Une déflagration, un choc à la poitrine, une douleur intense. On l’a roulé…

 

Il flageole, trébuche, mais serre les dents : il n’a pas dit son dernier mot…

 

Il resserre d’une main ensanglantée les sangles du gilet lesté retenant une bouteille de plongée d’un litre, franchit les trois petits mètres qui le séparent du vide et se laisse chuter, le sourire aux lèvres.

L'interview d'ACTU-TV signé Bob Boutique pour la sortie de Convergences
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Convergences, c'est ton 7° polar ou thriller. Quelle différence fais-tu entre ces deux dénominations ? le polar c'est Hercule Poirot et le thriller Millénium ?

Si c'était si simple !

En fait, un thriller envoie aux lecteurs des moments stressants, parfois violents, toujours noirs. Les héros évoluent sur le fil et les lecteurs ont peur pour eux... C'est ça, un thriller.

Je vais prendre un exemple : l'autre jour, je regardais à la TV un Maigret avec Jean Gabin, un film noir et blanc,  très angoissant à certains moments... pourtant, il s'agissait d'un Maigret ! Un thriller pour un Simenon alors que cet auteur est réputé pour ses polars (d’ailleurs, à l’époque, le terme thriller n’était pas encore à la mode... un genre instauré aux States par Hitchcock)! Maintenant, regarde un Maigret interprété par Jean Richard : eh bien, les personnages, le scénario restent « lumineux ».  On parlera alors d’un polar. Pour le premier, le réalisateur a joué sur le suspense, l’angoisse des situations, pour l’autre sur l’enquête.

Pour résumer, dans un thriller, le rythme est rapide tant dans l’action que l'écriture. Un lecteur de thriller doit lire en apnée... Un lecteur de polar prend son temps, jauge les indices...

Aujourd'hui, le terme "thriller" s'est "spécialisé" dans un genre très violent, sanglant, gore, une vision soutenue par des auteurs vedettes comme, en France, Grangé, Thrilliez, Minier, Chattam, etc. Or, on peut faire frémir un lecteur sans ses ressorts : c'est ce que je tente de démontrer dans mes romans.

Tu vois, polar, thriller, deux univers différents, mais avec les mêmes règles quoi que puissent en penser certains lecteurs : un coupable, au moins une victime, une enquête, une intrigue, un modus operandi, et un mobile...

Ok, toi c’est du thriller, on a compris. Ce que les américains appellent du « turn page » parce qu’on  ne peut pas s’empêcher de passer à la page suivante…

C’est gentil, ça !!!

Dis-moi, tu écris un bouquin par an, c’est le rythme d’une vraie écrivaine ça. Tu te forces parfois ? Tu écris un peu tous les jours ? Jamais de panne de la feuille blanche ?

Un bouquin par an, j'essaie... J'ai la chance d'avoir quelques textes dans mes tiroirs que je peux ressortir pour les modifier. Mais je ne me force jamais : je n'écris que lorsque j'ai envie et cette envie arrive lorsqu’une scène a suffisamment mûri dans ma tête. Si je me force, c'est mauvais. Je perds mon temps, ça m'agace, ça me stresse...

J'essaie d'écrire un peu chaque jour mais bon, pas toujours évident à cause de mes dédicaces, de ma vie de famille, etc. Quant à la page blanche... Non puisque je n'écris que lorsque j'ai envie ! 

Six bouquins avec la même héroïne, Axelle de Montfermy… Tu n’éprouves pas le besoin de changer de crèmerie, de te renouveler ? Tu y penses ?

Me renouveler ? Je viens déjà de changer d'univers puisque mes policiers deviennent plus scientifiques, et puis ton constat n’est pas tout à fait exact puisque j’ai une nouvelle héroïne dans « Convergences », Gwen  Saint-Cyrq…

Exact, mais comme elle est aussi sombre sinon encore plus que la précédente ?

C’est vrai, Gwen est une drôle de légiste tant sur le plan physique que sur d’autres plans plus… personnels. Le prochain roman, « Vénus en Ré », en dévoilera beaucoup plus à son sujet.

Il est vrai que j’aime les héros compliqués, noirs ou fragiles. Mais tout cela fluctue au fil des avatars vécus par les personnages. Tu dis que je n’évolue pas ?

Non, je te demande si tu comptes te renouveler !

Mais si, bien sûr, j’évolue… Je suis d’ailleurs en train d'écrire un thriller SF (science-fiction) : pour l’heure, son titre, HX13

… tout en peaufinant un thriller "classique". On verra ce que j'en ferai...

Ah oui, ça c’est nouveau ! Hâte de le découvrir fini !

 De toute façon, ce sera quelque chose de torturé ! En 2500 pages,  je n’ai jamais lu Axelle rire à gorge déployée, ne serait-ce qu’une seule fois ! Elle sourit tout au plus et encore, d'un air entendu.  Et franchement Gwen prend le même chemin. Tu consultes ? Tu te fais soigner ?

Gwen est une héroïne beaucoup plus sombre qu'Axelle. Rire à gorge déployée... Les situations  ne s'y prêtent guère (hum). Ceci dit, je vois bien Gwen rire aux larmes face à un cadavre à autopsier... 

Ou une main, une tête décapitée comme dans ton dernier thriller… tu ne fais pas dans la dentelle !

Là, tu confonds avec mon SF que tu as commencé à lire… Dans Convergences, les victimes sont entières… 

Néanmoins, je te fais remarquer que je n’écris pas des bluettes mais des thrillers… ça fait partie du genre…

 Dans tes romans, les mecs sont toujours très en dessous des nanas ? T'as un complexe, t’es une femen ?

Non... Mais j'en ai un peu marre des héros masculins courageux, forts, intuitifs et des héroïnes un peu cruches ou complètement déjantées... Donc, je prends le contrepied... 

Et les femen, t’en penses quoi ?

Je ne suis pas une féministe mais je pense qu’elles sont courageuses de s’opposer aux inégalités et de plaider la cause des femmes oppressées. 

Enfin d’accord avec toi.

Bon, tu sais que j’ai lu tous tes bouquins et je me suis rendu compte que les lieux où les choses se passent et que tu décris sont tellement précis que je les lis  avec Google earth et même Google street devant les yeux. Car même les noms des rues sont corrects ! Alors… pourquoi faire des descriptions ?

Il n'y a que toi pour lire avec Google earth ! Les lecteurs ont besoin de voyager, de s'imaginer les endroits et de se les approprier : cela fait partie de l'ambiance si la description est bien menée. On lit avec un film dans la tête : c'est à l'auteur de créer ce film et sans description, impossible.

 Néanmoins, j'en fais peu parce que trop de descriptions tue l'ambiance : une page (ou deux) de descriptions casse le rythme et le rythme de la lecture participe au ressenti du lecteur, à son besoin de continuer ou pas. Le lecteur qui zappe plusieurs pages est un lecteur perdu...

 

Tes histoires sont souvent compliquées et pour cause… dans ton univers,  tout le monde ment, trahit, triche, assassine sans qu’on en comprenne fort bien les raisons. Au début bien sûr. Ce sont des puzzles de petites infos sans rapport entre elles et puis tout doucement, elles convergent vers une solution toujours inattendue: c'est une technique ou inné ?

Ça, c'est le propre du roman policier... Lors d'une enquête, un flic n'a d'abord qu'un ou deux indices et peu à peu des infos s'accumulent... Au flic de faire le tri et de faire le lien ! Est-ce que le policier connaît le coupable dès le début ??? Non... En revanche, je note chaque indice trouvé par mes héros, l'heure, etc. puis j'en tire des hypothèses qui sont vérifiées, infirmées ou confirmées... Au fur et à mesure je construis une carte mentale pour ne rien oublier. Il faut qu'à la fin le lecteur puisse dire : "oui, c'est lui, évident !" puis : "c'est fou mais pourquoi je ne l'ai pas compris avant ?"

Au fond, c’est un jeu de cache-cache, une forme de Cluedo ?

Absolument tu as tout compris. Mais un Cluedo un peu particulier, plus complexe, un jeu du chat et de la souris entre l’auteur et le lecteur. Si l’auteur s’amuse, le lecteur jouera le jeu quelle que soit l’ambiance.

Une autre caractéristique de tes livres, c'est le côté documentation. Ca va souvent très loin et on finit toujours par apprendre quelque chose. Tu demandes l'avis de spécialistes ? Je pense par exemple à la biologie criminelle, tu en connais un bout.

Je fais très attention au côté documentation. Je demande l'avis de médecins, d'ingénieurs, d'historiens, de biologistes. Parfois ce sont des proches, parfois même des lecteurs spécialisés dans des domaines très pointus... Si l'auteur ne colle pas à la réalité, le lecteur ne "marchera" pas et c'est l'auteur qui sera le perdant de l'histoire...

Dans tes livres, la vie vaut tripette. On tue et on meurt à chaque chapitre. Même tes héroïnes terminent leurs enquêtes  comme des mortes vivantes ... encore une fois, tu consultes ? Tu te fais soigner ?

Mon héroïne femme est sans doute plus "fragile" qu'un homme à moins de lui attribuer la musculature d'un déménageur (pas très sexy). Si on lui tape dessus, elle aura un peu plus de mal à "encaisser", non ???

Ouais ! Ouais ! Mais tu leur fiches en plus des maladies épouvantables et n’hésite jamais à les envoyer au casse-pipe, avec  une propension psychanalytique pour les souterrains, les égouts visqueux, les conduits obscurs… en gros tout ce qui enferme comme un cercueil ! Tu ne pourrais pas de temps à autre leur lâcher la jambe à ces pauvrettes ?

Tu vois, toi aussi tu prends fait et cause pour mes héroïnes !!! J’ai gagné !

Après sept thrillers et des milliers d’exemplaires vendus, le plus souvent dans des dédicaces marathon, donc beaucoup moins par internet ou via les libraires…

… Si, via les libraires aussi, mais le moins possible en dépôt vente…

Ok,  comment entrevois-tu l'avenir ?  Continuer à sillonner la France ?

J'en sais rien. J'attends de voir comment mon nouveau thriller « Convergences » sera accueilli par mes lecteurs. C'est compliqué de s'absenter toutes les semaines pour aller présenter mes romans aux quatre coins de la France.

D'un autre côté, difficile de dire "non" à un libraire qui sollicite ma présence. Je ne suis pas Musso, la notoriété passe forcément par ces voyages. Heureusement que ce sont, à chaque fois, des instants privilégiés avec mes lecteurs.

En tous les cas, tu te professionnalise d’année en année… ton nouveau livre sort avec une grosse campagne de presse et une bande annonce comme les plus grands ? C’est ton éditeur ou toi qui gère tout ça ?

Je ne suis pas assez connue pour que mon éditeur (là, je parle des Éditions Gascogne) s’investisse à ce point. Je suis diffusée au niveau national avec mes trois derniers titres, c’est déjà un énorme atout. Lorsque j’ai besoin d’eux, ils répondent présents mais s’appuient sur le diffuseur pour la pub auprès des libraires et sur les auteurs (et leur dynamisme).

 Qu’est-ce que ça veut dire ? Dédicaces nombreuses, mailings, presse, SP, site, blog, teaser… Pour cette super bande annonce, tu y es pour quelque chose ! Une première et une franche réussite.

On pourrait encore parler de tes autres occupations, animatrice d’ACTU-tv, administratrice des Éditions Chloé des Lys, rédactrice en chef des « Petits papiers de Chloé », créatrice et gestionnaire du site littéraire Aloys et j’en oublie. Mais on verra ça une autre fois. Tu risquerais de prendre la grosse tête.

Je compte sur toi pour me taper sur les doigts si ça venait à arriver !!

Réponse ouverte d'un lecteur à cet interview

Bonsoir Madame Brunet

Je viens de lire l’interview de Bob Boutique.

En tant que lecteur passionné de vos ouvrages, je voudrais juste vous dire que c’est très bien d’avoir choisi des femmes en héros de vos thrillers. Ça change des héros masculins qui réussissent toutes les aventures sans perdre leurs chemises. Vos aventures sont plus proches de la réalité, et puis dans les thrillers le sourire "Ultra brite " la fleur aux dents, ce n’est pas d’actualité.
Quant à vos descriptions précises, cela permet de voyager lorsque l’on ne connait pas les lieux, et si on connait les régions, on apprécie la précision et l’imagination des scènes décrites fonctionne à 200% (pas besoin de Google Eath).

La réussite de vos œuvres tient justement dans l’imaginaire que l’on se fait de l’aventure.

Pour info, lors des aventures d’Axelle,  j’ai bien reconnu le Jura, le Massif Central, la Sologne, et j’ai imaginé la région de Marseille que je ne connais pas. Mais je sais que vous avez décrit la réalité, car avec des relations de travail qui sont de Marseille, j’ai retrouvé vos descriptions dans leurs paroles. Félicitations.

À bientôt de vous rencontrer. Philippe B. 

 
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Convergences vs François Beukels

Un article dans Midi Libre
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L’auteur prolifique Christine Brunet était de passage en Aveyron


Auteur de romans policiers et de thrillers, Christine Brunet est venue à la rencontre de ses lecteurs, samedi au sein de l’Espace Culturel Leclerc.

Femme aux multiples talents* c’est avec beaucoup de simplicité, voire d’humilité que l’auteur s’est pliée à l’exercice, ravie d’échanger et de partager, autour de ses nombreux ouvrages, dont le dernier « Convergences ».

Un casse hors norme, des disparitions inquiétantes, un magot introuvable qui déchaîne des appétits voraces…Croyez-vous aux coïncidences ?... Au lecteur de se faire une opinion et de découvrir une chute inattendue…

En décembre, Christine Brunet fera encore voyager ses lecteurs, avec « Vénus en Ré »…. www.christine-brunet.com

*Née dans le sud de la France, Christine Brunet passe toute son enfance à Aubagne, patrie de Marcel Pagnol ? Passionnée de langues, elle poursuit des études poussées qui l’amènent à Prague, à l’université Charles, puis au Caire. Elle part en Bourgogne puis en Grande-Bretagne. C’est à Preston qu’elle commence à écrire, des récits de science-fiction, puis des romans d’aventure et des thrillers. Enfin, elle s’essaie au roman policier. De ses années de classes préparatoires, elle garde une soif d’apprendre qui la conduit au quatre coins du monde à la rencontre de la différence. De Madagascar au Ladkh, du delta de l’Orénoque au Gobi, elle exerce son esprit critique et sons sens du partage. Rédactrice en chef de la revue littéraire « Les petits papiers de Cloé » initiée par les Editions Chloé des lys, elle est également la présentatrice d’Actu TV, à voir sur http://www.actu-tv.et.

*

***

Une journée remplie de nombreuses rencontres sympathiques et enrichissantes avec des lecteurs très souriants, enthousiastes et attentifs.

Je tiens à les remercier ainsi que l'équipe de l'espace culturel E. Leclerc d'Onet-Le-Château, notamment Céline Marcillac, passionnée et très proche des auteurs qu'elle reçoit.

Merci enfin à la journaliste de Midi Libre, Yvette SALLES, pour son grand professionnalisme.

 
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Un article signé Brigitte Delachapelle paru dans la Provence le 20 novembre suite à ma séance de dédicaces à l'Espace culturel Leclerc de Carpentras.

Un grand merci également à toute l'équipe de la librairie, comme toujours aux petits soins !

Ds le Dauphiné libéré
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Culture

Samedi, Christine Brunet était à l’espace culturel du magasin Leclerc pour la dédicace de son dernier ouvrage, un thriller “Convergences”.

Depuis un peu plus de cinq ans maintenant, Christine Brunet compte déjà sept ouvrages à son actif, le prochain est déjà bouclé et le suivant en préparation. De plus elle a été sélectionnée pour le prix marseillais du polar 2015 avec “Poker menteur” paru aux éditions Gascogne. Non seulement elle acquiert une belle notoriété avec ses ouvrages mais Christine Brunet cumule les activités passionnantes de rédactrice en chef d’une revue littéraire et présentatrice TV.

Article du 16 nov. 2015
 
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Quelques précisions ?

Convergences a été publié aux Éditions GASCOGNE 

 Souci de diffusion/distribution, mon diffuseur mis en redressement judiciaire.

A suivre...

 


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Un thriller SF est également en cours de finalisation. Il reprend un personnage que beaucoup ont appris à connaître... Axelle de Montfermy ! 

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